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A chaque jour suffit son paragraphe
Lundi 15 décembre 2003
Aldagor déménage définitivement. Depuis quelques mois, je postais mes pensées sur ce blog et sur son frère jumeau. J'en ferme un des deux et ce sera celui-ci.
Suivez-moi sur http://aldagor.skynetblogs.be
Et adieu "monblogue"
Samedi 13 décembre 2003
J'ai l'impression que les blogs servent de plus en plus à pèter plus haut que son cul. Or, j'ai les jambes assez longues, ce qui me rend cette tâche particulièrement ardue.
Peut-être devrais-je prendre des vacances?
Mardi 9 décembre 2003
Ainsi donc, nous venons de traverser une tempête dans le verre d'eau des blogs. Certains ont crié à la censure, d'autres se sont plaints des contenus "trop explicites", des imbéciles ont vu de la pédophilie là où il n'y avait que l'apologie de quelques seins (en âge de voter). Et aujourd'hui, tout rentre dans l'ordre. La morale a survécu, la vulgarité également, peut-être la seule victime serait, j'en atteste, cette illusion que nous avons que l'être humain évolue.
Sans doute est-ce vrai, dans certains secteurs ou dans certaines catégories, l'Homme évolue, il se libère des liens lourds et inutiles de la religion, de la morale, pour lui préférer la moralité. Mais pour la majorité, nous restons accrochés à la bonne vieille morale judéo-chrétienne à l'image d'un naufragé se tenant à un vestige du Titanic. Car ne nous leurrons pas, derrière l'attaque de certains contre les images "explicites", il y a l'immense masse humaine qui présente un sourire gêné et moqueur face à l'empire des sens (ce magnifique état humain ou le sublime film de Nagisa Oshima) et qui s'excite béatement et bêtement lorsqu'une chaîne de grande écoute leur présente les petites fesses des Miss Belgique simplement moulées dans un maillot de bain qui voile uniquement leur dignité de femme et dévoile notre lourdeur machiste.
On me taxe souvent de généralisation, mais n'est-ce pas les médias qui généralisent lorsqu'ils prétendent que nous sommes dans une ère de liberté sexuelle simplement parce que s'affichent sur nos écrans et sur internet les images d'autres qui baisent. N'est-ce pas la foule qui se croit libérée alors qu'elle reste, en fait, asservie par une culpabilité ancestrale face au sexe (j'ai honte de prendre du plaisir) autant que, dans d'autres religions, la femme est asservie à l'homme. Car, sachons-le, en réduisant le sexe à cette pratique honteuse, dont la seule utilité serait de faire des enfants, l'homme asservit la femme, puisque lui devra jouir s'il veut procréer, alors que le plaisir de la femme, lui, est totalement facultatif.
Et je place dans cette peur du sexe les aficionados des images dégradantes de la femme ou du cul, ceux qui mélangent sexe et pisse, sexe et chiasse, qui en rient soi-disant car on peut rire de tout, mais surtout parce qu'en s'en moquant, ils se moquent de leur propre crainte.
Ajoutons que si ces images ne m'intéressent pas, je ne les regarde pas, c'est tout. Je ne veux pas qu'elles disparaissent, je veux qu'elles disparaissent de devant mes yeux, tout comme je voudrais ne plus avoir à entendre les diatribes idiotes des gens de droite ou les blogs ridicules des racistes, des fascistes et autres.
Mais n'oubliez pas, vous qui avez peur du sexe, qui vous en moquez comme on se moque de l'étranger, qui baissez la voix lorsqu'il s'agit d'utiliser le mot "vagin", "sodomie", "homosexualité", n'oubliez pas qu'un jour, votre père a choisi d'enlacer votre mère, qu'il l'a embrassée, sur la bouche, dans le cou, à l'endroit charmant où le sein épouse le corps, qu'ils ont tous deux, avec plaisir, écouté le cri sauvage du soutien-gorge qui glisse sur un sein, puis le chuchotement de la culotte qui s'éclipse avec discrétion. Peut-être votre mère, oui celle-là, la mère qui vous a préparé du poulet-frites tous les mercredis, votre mère a-t-elle pris le sexe de votre père en bouche, ou du moins l'a-t-elle senti s'affirmer dans sa main. Puis quand un sexe a franchi la barrière des deux autres lèvres, père et mère ont plongé dans leur regard respectif, avec passion ou, pour le moins, cette immense affection qui la remplace, et quelques instants plus tard, un des deux sexes offrit l'hommage dû à l'autre.
C'est ainsi que vous êtes né, ne l'oubliez pas!
Lundi 8 décembre 2003
Ainsi donc, les joueurs de l'équipe de foot du standard de Liège ont-ils décidé de boycotter les journalistes de notre valeureuse télévision nationale et pourtant régionalisante!
Mais pourquoi, pourquoi, me direz-vous, veulent-ils, ces fiers sportifs au langage si souvent fleuri, nous priver de leur faconde passionnante?
Ils justifient ce oukas d'interdit de trois manières. Je ne m'appesantirai pas sur les deux premières raisons, profondément ridicules ("Ouinn ils n'ont pas voulu admettre qu'y avait penalty contre nous" et "Ouinnn, ils disent tous que nos joueurs sont des méchants") pour m'arrêter sur la troisième justification bien plus intéressante, à mon sens.
Mais je dois replacer cette troisième raison dans son contexte pour ceux qui, parmi vous et je les soupçonne nombreux, n'accordent à la chose footballistique qu'un froncement de sourcil au mieux ou un ricanement moquer, au pire. La réussite actuelle (et relative, car ils restent à 8 points d'Anderlecht) du Standard est sans doute due au retour d'un joueur d'exception appelé Emile Mpenza. Or, Emile a été transféré en cours de saison du club allemand de Schalke 04. Il n'est un secret pour personne qu'Emile a accepté de revenir dans la cité ardente dans le seul souhait de relancer sa carrière et repartir ailleurs, sans doute en fin de saison. Le problème réside dans le fait que certains bruits courent sur un éventuel départ d'Emile au cours de ce qu'on appelle le "Mercaro d'hiver" (à Noël). Deux équipes anglaises semblent intéressées. Pour quitter le standard à Noël, trois parties doivent donner leur accord : Emile, le Standard et Shalke 04. L'équipe allemande n'ayant aucune raison de refuser, la décision incombera aux deux derniers acteurs.
Et c'est là où le bas blesse. En effet, un journaliste de la RTBF a eu l'outrecuidance de demander à Emile s'il comptait partir avant la fin de la saison. Et cette question, d'après les autres joueurs du Standard, a eu pour effet de déstabiliser le joueur concerné. Vous me direz qu'il aurait suffi qu'Emile réponde "NON, je reste au standard car j'ai promis aux supporters de rester et que je suis prêt à sacrifier un peu d'argent pour tenir ma promesse" et le débat eut été clos. Au contraire, il a donné une réponse particulièrement évasive.
Tout ça pour dire que si, même pour une chose aussi futile que le foot, les journalistes n'ont plus le droit de poser "la question qui fâche", il ne faut pas s'étonner qu'il n'y ait plus de journalisme d'investigation dans ce pays!
On tourne en rond, au centre du terrain, merde, on tourne en rond.
Jeudi 4 décembre 2003
Quelqu'un pourrait m'expliquer comment Didier Reynders va faire pour encore avoir un état lorsque, à force de réduire les impôt (et hops, on supprime les droits de succession!), plus un sou n'entrera dans ses caisses?
A moins qu'avec des amis hommes d'affaires riches, il ait l'intention de créer une superentreprise de gestion des affaires publiques totalement privée (privée notamment de légitimité) pour s'occuper de nous (et quand un libéral s'occupe de nous, bonjour les dégats!).
Le nouveau message électoral du MR : mourrez tranquille.
On tourne en rond, merde, on tourne en rond.
Mercredi 3 décembre 2003
Il me manquait DD, le ministre-président aveugle et défenseur de la veuve et de l'orphelin, pour autant qu'ils aient un gros portefeuille.
A mon avis, il est le plus drôle dans son costume de ministre de la Culture.
Ainsi donc, cette fois-ci, après avoir donné des sous au théâtre Toone (j'ai oublié les guillemets, mais vous savez où les mettre!), il décide de pérenniser le financement de la ligue d'impro.
J'ai, au sujet de la ligue d'impro, un avis sans nuance. Je pense que, faute d'émission comique à la française sur les chaînes belges regardables, le public va voir la ligue d'impro pour se payer une bonne tranche de rigolade, mais de là à dire que c'est du théâtre et que c'est une forme d'art qui mérite d'être financée (ce qui veut dire en Belgique : en lieu et place d'un autre théâtre et non pas en complément), je dis "halte au feu".
Il faut s'appeler DD pour croire qu'il s'agit d'impro (les acteurs retombent sur des canevas étudiés et répétés) et, s'il ne s'agit pas de véritable impro, il s'agit donc de texte mal écrit et peu intéressant (c'est mon avis et je le partage).
Evidemment, ce genre de "théâtre" a du succès et donc, comme tout bon libéral, DD récompense ceux qui réussissent, au risque que le public se détourne encore plus d'un théâtre plus difficile, ou d'un humour tout aussi drôle, mais moins "télévisuel". Personnellement, je ris bien plus en regardant la pièce "Jef" de Philippe Blasband, qu'à n'importe quelle "joute" soi-disant improvisée.
On tourne en rond, sur la scène, merde, on tourne en rond.
Mardi 2 décembre 2003
Ainsi donc, un autre de mes grands amis du MR, Didier Gosuin, veut réagencer la fin de l'autoroute Namur - Bruxelles, ajouter des arbres, réduire les bandes, pour les conducteurs soient de meilleure humeur et n'aient pas envie de faire de la vitesse.
Vous me direz (à juste titre) : en voilà une idée qu'elle est bonne. Et je vous répondrai : oui, mais...
Mais ne trouvez-vous pas étonnant que le membre d'un parti qui pousse le néolibéralisme, l'esprit d'entreprise et tout le toutim, qui pense que le travailleur doit être au service de l'entreprise, que n'importe quel boulot doit être accepté, que les patrons ont plus ou moins le droit de faire ce qu'ils veulent, que ce membre du MR, tout à coup, se soucie du bien-être de ses concitoyens.
En fait, les beaux arbres sont un autre moyen de convaincre les gens à la fermer, à accepter la vie de merde dans laquelle on les confine en se taisant, et à fournir la vaseline pour se faire enc (Oups, attention, mon blog va se faire censurer!!). L'image de l'arbre qui cache la forêt de l'indifférence s'applique tout particulièrement dans le cas d'espèces.
Personnellement, et sans doute est-ce dû au fait que je suis un indécrottable utopiste qui sait pourtant que rien ne changera, mais qui continue à l'espérer, je crois que l'entreprise doit être au service du travailleur et pas le contraire. J'estime que le seul intérêt des entreprises, outre de créer non pas la richesse, mais les produits dont nous avons besoin, est d'occuper les gens, de leur donner un salaire, et un bon salaire.
Et quand je dis les gens, je dis tous les gens, et pas quelques nantis bien placés, qui ont un beau job et n'en foutent pas une dalle.
D'ailleurs à ce propos, un de ces 4, je m'attaque à mon propre boulot et y a de quoi dire, croyez-moi.
Ha oui, j'allais oublier : on tourne en rond, merde, on tourne en rond.
Lundi 1 décembre 2003
Ainsi donc, lorsque je repasse le dimanche matin, j'aime à écouter les émissions de la Radio catholique et Romaine Belge.
Ce dimanche, nous avons eu droit, dans un bel échange eucharistique, à Monseigneur l'Evêque de Namur, Léo (tu permets que je t'appelle Léo). Je vous passe sur les habituelles stupidités pour en épingler une. Monseigneur Léonard est du genre (très répandu) à discuter dans les nuances. Il faut des nuances à tout. Notamment dans le débat actuel sur l'euthanasie et sur le mariage homosexuel. Le problème est qu'il cache, comme tout le monde, le caractère tranché des son avis derrière une façade de nuances.
En effet, il faut, d'après lui, nuancer le débat sur l'euthanasie et sur le mariage des homosexuels, mais d'autre part, lorsqu'on lui demande quelle devrait être la position de toute l'Eglise belge (par le biais de la Conférence épiscopale) à ce propos, il répond qu'il faut être contre, absolument contre.
Voilà le grand dilemme du 21ème siècle (celui qui permet aux gens de droite d'éviter le clivage gauche-droite) : sous prétexte de nuancer, on dédouane le fait qu'il est hors de question de changer d'avis. On veut bien discuter avec nuances, pour autant que tout le monde plante sur ses positions. Et je refuse de "nuancer" mon propos.
En d'autres termes, on tourne en rond, merde, on tourne en rond.
Vendredi 28 novembre 2003
Ainsi donc, certains, dont le merveilleux et poétique magasine "Trends-Tendances" et le charismatique homme à la mèche blanche Didier Reynders, se plaignent que l'administration fiscale ait l'intention de nous faire payer 9 fois plus d'impôts en réduisant la possibilité d'exonérer d'impôts une partie des frais de "voitures de société".
Je ne reviendrai même pas sur le fait que ces "voitures de société" sont en fait un moyen de payer des salaires moins élevés. Bien sûr, me direz-vous, ça marcher l'industrie de l'automobile. Ceci dit, on aura l'air con quand tout le monde, jusqu'à Matteo qui a neuf mois, aura une voiture, mais qu'on ne pourra plus les utiliser parce que 9 dixièmes de la planète seront envahis par les eaux (en voilà d'ailleurs un combustible bon marché et non polluant!!).
Par contre, ce qui me choque, c'est quand je lis que l'administration fiscale veut en fait maintenir le statu quo et faire davantage respecter les règles en vigueur et que Didier Reynders, lui, veut modifier les règles et demande qu'on applique pour tous les salariés du privé les règles de calcul applicables pour l'instant aux... hauts fonctionnaires de l'Etat. Et je répète pour ceux qui n'ont pas entendu : les règles applicables aux HAUTS fonctionnaires de l'Etat, pas à tous les fonctionnaires, aux HAUTS FONCTIONNAIRES. Ca y est, vous avez entendu, le franc est tombé?
Je me demande si cette information-là a été publiée dans le "Trends Tendances", mais je ne vais pas pousser le vice jusqu'à acheter cette feuille de chou de merde pour vérifier.
On tourne en rond, merde, on tourne en rond
Jeudi 27 novembre 2003
Ainsi donc Onkelinckx et Vandenbrouck (le ministre, pas le cycliste) sont parvenus à un accord, auquel je ne comprends rien (faut dire que, quelque part, je m'en fous).
C'est malin qu'ils soient en brisbouille, ces deux-là, ils sont pas de la même famille. Faut dire que le clivage droite-gauche n'existe tellement plus (lol Movida) que certains socialos font une politique de droite encore meilleure que les ceux de droite (faut dire que certains politiciens de droite sont à ce point stupides qu'ils ne savent même plus ce qu'est une politique de droite, ni une politique d'ailleurs, c'est à peine s'ils savent encore ce qu'est une pol!).
Si nous partons du postulat que certains socialistes Flamands sont en fait des libéraux avec une barbe (même si Frank V n'en a pas), cette gueguerre communautaro-idéologique illustre parfaitement (même si, et je le répète, je n'y ai rien compris) la différence droite - gauche (qui pourtant n'existe plus! relol)
Prenons quelqu'un de droite, jeune cadre d'une trentaine d'années, ayant fait de bonnes études et travaillant dans une société de consultance informatique, légèrement imbu de lui-même et persuadé d'avoir un charme fou auprès des dames (ça y est, vous voyez le genre); ce cher homme va écouter de la "musique du monde", lire le Monde et l'Echo, s'adonner au clubbing (il sort en boite, en d'autres termes) et jouer au badmington (ha la joie des caricatures!!). Et surtout il pense que tous les Wallons sont des profiteurs qui abusent du système et que, donc, autant envoyer les chômeurs dans des agences d'interim qui profiteront d'eux, ce n'est qu'un juste retour des choses. de toute façon, mieux vaut un métier de merde que pas de métier du tout.
Prenons maintenant quelqu'un de gauche, un jeune sans trop d'attache, bien-pensant ou déçu du CVP, lorgnant vers écolo pour être à la mode ou bien fils et petit-fils de travailleur de Cockerill-Sambre, qui se dit que pour avoir un boulot dans l'usine de papa et de grand-papa, autant voter à gauche, ça peut servir (Ha la joie des caricatures (bis)!!). Il va voter à gauche, comme on se lève le matin, sans réfléchir, essayer de se lier d'aimitié avec le fils du bourgmestre à vie de sa petite commune socialiste, travailler au noir tout en pestant de payer des impôts, mais se réjouir qu'en Belgique, notre système médical soit performant grâce aux impôts des autres. Celui-ci va refuser un métier quand c'est un métier de merde et continuer à profiter des allocations tant qu'il lui restera un souffle de vie.
De ce tableau primaire et primate de la vie, j'extrapole une question : préférez-vous un système qui profite des gens? Ou acceptez-vous que les gens profitent du système?
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